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Afghanistan: les journalistes afghans pris pour cibles par les talibans

Après leur prise de pouvoir en Afghanistan le 15 août dernier, les talibans ont promis vouloir mettre en place un gouvernement inclusif et tolérant. Mais sur place, la situation est bien différente. Les insurgés s’en prennent notamment aux journalistes.

« Les temps sont durs pour les journalistes en Afghanistan depuis que les talibans ont envahi différentes provinces, explique cet ancien réalisateur radio âgé de 28 ans et souhaitant garder l’anonymat. J’étais technicien réalisateur pour une station de radio. Nous étions financés par l’Otan et diffusions des programmes qui dénonçaient les activités des talibans. Avant leur avancée, j’avais déjà reçu des menaces. Je me disais qu’ils allaient finir par me tuer. »

L jeune journaliste explique que six reporters de son média avaient été séquestrés par les talibans: « Heureusement, je n’étais pas avec eux ce jour-là. Ils sont restés en captivité douze jours et ont été torturés. Ils ne nous ont pas eu nous, mais ils ont bien essayé. »

Quitter le pays, une mission quasi impossible pour certains journalistes

Certains journalistes tentent donc de fuir le pays, mais c’est presque mission impossible: « Quand les talibans ont envahi la capitale de la province, j’ai fui immédiatement en taxi. Je ne peux pas dire où je me trouve désormais. J’ai laissé ma femme et ma famille derrière moi. Ma situation est très critique et je ne parviens pas à les joindre. Les lignes téléphoniques ne marchent pas, les talibans ont coupé les lignes du réseau gouvernemental Salaam et ma famille utilise des cartes SIM Salaam », raconte ce réalisateur radio afghan.

Le journaliste explique avoir essayé de contacter son employeur et tenter plusieurs moyens pour sortir d’Afghanistan, mais en vain.

« J’ai essayé de joindre l’association qui représente les journalistes. J’ai même postulé pour le programme spécial d’immigration du Canada en tant que journaliste en situation critique. Dans ma situation, je ne peux pas aller au Pakistan, au Tadjikistan ou aux Émirats arabes unis, car toutes les ambassades ont cessé leurs activités et ne délivrent plus de visa. » RFI.

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