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FINANCES PUBLIQUES DANS LA ZONE UEMOA

Les perspectives tablent sur un taux de pression fiscale de 14,1% en 2023La Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), dans son document : « Rapport sur la politique monétaire dans l’UMOA » estime que le taux de pression fiscale progresserait graduellement, sous l’impulsion des réformes menées par les États membres, pour s’établir à 14,1% en 2023

D’après la Bceao, au sein de l’Union, la croissance économique se consoliderait en 2022 et 2023, avec des taux respectifs de 6,1% et 7,9%. Et ces performances résulteraient de l’accroissement de la production au niveau de l’ensemble des sous-secteurs des économies, en lien avec une demande intérieure vigoureuse.

« La gestion des finances publiques serait marquée par une consolidation budgétaire à partir de 2022. Ainsi, le déficit global, base engagements, dons compris rapporté au PIB, ressortirait à 4,9% en 2022 et à 3,8% en 2023, après 5,9% en 2021. Le taux de pression fiscale progresserait graduellement, sous l’impulsion des réformes menées par les États membres, pour s’établir à 14,1% en 2023. Cette orientation budgétaire serait également soutenue par la rationalisation des dépenses publiques, notamment des dépenses courantes », explique-t-on dans le document susmentionné.

Déficit de 4,6%  des échanges extérieurs  prévu en 2023

« Les échanges extérieurs de l’UEMOA se solderaient par un déficit courant rapporté au PIB de 5,9% en 2022 et de 4,6% en 2023, après 5,8% en 2021. La réduction du déficit courant en 2023 s’effectuerait dans un contexte de hausse substantielle du volume des exportations de pétrole du Niger et du Sénégal. L’excédent du solde global de la balance des paiements se consoliderait progressivement en passant de 475,6 milliards en 2021 à 627,3 milliards en 2022 puis à 1.263,8 milliards en 2023 », note la Bceao.

Dans un autre registre, la Bceao souligne que  la situation monétaire fait ressortir, pour l’Union, la poursuite de la dynamique de financement des économies avec une progression des créances sur l’économie et sur l’Administration Centrale des États respectivement de 10,3% et 8,1% en moyenne sur la période 2022-2023. Et les réserves de change de l’Union assureraient la couverture de 5,9 mois d’importations de biens et services en 2022 et 6,1 mois en 2023. Le taux de couverture de l’émission monétaire passerait de 77,3% en 2022 à 76,9% en 2023.

Concernant le taux d’inflation dans l’Union, la Bceao souligne que  selon le scénario central des projections, ressortirait à 4,9% en 2022, après 3,6% en 2021. Et à l’horizon de deux ans, soit au quatrième trimestre 2023, il s’établirait à 2,6%, soit dans la zone cible [1,0% – 3,0%], définie pour la mise en œuvre de la politique monétaire de l’Union. Les risques entourant les prévisions de l’inflation sont globalement haussiers.

« Ils concernent la baisse de la production vivrière en 2022, en lien avec de mauvaises conditions climatiques ainsi que l’incidence de l’insécurité et des déplacements des populations dans certaines zones des pays sahéliens. Ils pourraient également provenir de l’aggravation des tensions sur les prix des produits alimentaires importés et des produits pétroliers, dans un contexte de persistance des contraintes de l’offre. Par ailleurs, la forte augmentation des coûts du fret des marchandises contribuerait au renchérissement des denrées alimentaires dans la Zone », note la Bceao.

Et le document de rajouter : « En perspective, l’économie mondiale aborde l’année 2022 dans des conditions moins favorables que prévu. Selon les dernières projections du FMI publiées en janvier 2022, la croissance économique devrait ressortir à 4,4% en 2022, soit une révision à la baisse de 0,5 point de pourcentage par rapport à la projection d’octobre 2021, et à 3,8% en 2023, après 5,9% en 2021 ».

Toujours d’après la source, les perspectives de croissance mondiale présentent également une balance des risques orientée à la baisse, en lien avec l’émergence de nouveaux variants du coronavirus, la persistance des perturbations des chaînes d’approvisionnement, les pressions salariales localisées, le relèvement attendu des taux directeurs par les banques centrales des pays avancés et l’intensification des tensions géopolitiques qui pourraient exacerber les variations des prix des matières premières.

Par Saër DIA

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